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Accueil > fr > BSTP en action > La BSTP dans la presse > Evariste Yameni : La BSTP est une chance pour les PME locales


Evariste Yameni : La BSTP est une chance pour les PME locales

La BSTP fait partie de l’environnement des PME depuis quelques temps. Qu’est ce qu’elle en est exactement et quels sont ses principaux objectifs ?

La Bourse de sous-traitance et de partenariat du Cameroun est un centre technique d’information sur la sous-traitance industrielle et une plate-forme de mise en relation des grandes entreprises avec les PME/PMI. Elle a un statut de Groupement d’Intérêt Economique avec pour missions de promouvoir et développer des opportunités de sous-traitance et de partenariat au bénéfice des Petites et moyennes industries/entreprises (PMI/PME) locales ; de contribuer au transfert de compétences, de savoir-faire et de technologie ; de mettre en relation les Grandes entreprises (GE) nationales et multinationales avec les PME/PMI ; de rendre visible les capacités techniques des sous-traitants, les amener à prester dans le cadre des grands projets et d’intégrer la chaîne de valeur des grandes entreprises.

Depuis combien d’années existe-t-elle et dans quel conteste est-elle née ?

Elle a été crée en 2011 comme projet, devenu entité autonome en mai 2013, mais n’a véritablement débuté ses activités opérationnelles qu’en juin 2014. Elle est née dans un contexte de grand chantier engagé par l’Etat et pour lesquels il fallait que la PME locale puisse tirer des dividendes. La BSTP est donc là pour rendre la PME sous-traitante visible. Etre visible lui permet d’être connue par les grands donneurs d’ordre. Cela peut donc lui permettre de gagner d’importants marchés et générer des chiffres d’affaires importants. La BSTP contribue donc à faire augmenter la valeur ajoutée des PME et les scores de l’économie nationale par ricochet. La BSTP appuie également les actions du gouvernement en mettant à la disposition de celui-ci des informations fiables et justes sur le tissu industriel. Le travail consiste à fournir, par exemple, au gouvernement des informations relatives au nombre d’emplois générés grâce à la sous-traitance dans le pays.
Quand la PME sous-traitante produit ou fait de la transformation, elle crée de la valeur ajoutée qui vient ainsi contribuer au Produit intérieur brut (PIB) du pays. Elle pourra ainsi à terme exporter ses produits finis. Nous pouvons à juste raison dire que sur le plan macroéconomique, la BSTP contribue au développement des PME camerounaises et par ricochet à l’économie nationale.

Quels intérêts pour la grande entreprise d’adhérer à la BSTP ?

La BSTP permet à la grande entreprise d’avoir accès à un réseau de PME structurées et met instantanément à sa disposition des informations techniques sur les PME (ex : qualifications technologiques, compétences humaines, compétences techniques, produits et procédés industriels, justificatifs d’expertise, indicateurs de performances et de pratiques, etc). Ainsi, elle procure plus d’efficacité dans le choix des sous-traitants grâce à ses mises en relation ciblée, simplifiée, efficace et efficiente.

Quels sont les avantages pour une PME d’être membre de la BSTP ?

Pour être membre de la BSTP, il faut répondre à certains critères parmi lesquels l’acquittement des frais d’adhésion et cotisation. S’arroger la qualité de membre ne coûte que 50 000 F CFA avec des droits d’adhésion de 100 000 F CFA par an. Il existe beaucoup d’avantages pour une PME à être membre de la BSTP. Une fois membre, les PME/PMI bénéficient d’informations pertinentes sur les opportunités d’affaire avec les grandes entreprises, du recensement de leurs capacités techniques et de leurs compétences, d’informations pertinentes sur leurs capacités techniques et technologiques (ex : équipements, normes, qualités)qui sont ensuite logés dans une vase de données, de l’analyse comparée de leurs pratiques et performances, d’une assistance technique afin de renforcer leurs capacités (ex : formation, coaching, programme e-learning) et de l’amélioration des compétences, des mises en relation ciblées avec les grandes entreprises locales et étrangères (partenariat d’affaires, joint-venture, partenariat technologique, compagnonnage industriel), des services et des facilités B to B dans les évènements promotionnels nationaux et internationaux
La BSTP-CMR contribue entre autres au renforcement des capacités des PME/PMI avec d’autres structures d’accompagnement sœurs (APME ; BMN…) afin de les permettre d’acquérir les compétences et les capacités requises pour répondre aux exigences des grands donneurs d’ordre. Les PME/PMI locales bénéficient des formations spécialisées sur la certification, les brevets industriels, les appels d’offre, la recherche des financements, la maintenance des équipements industriels, l’analyse financière des projets d’investissement, l’évaluation économique et financière des projets, les techniques et les mécanismes de la sous-traitance industrielle entre autres.
Quel bilan d’activité pouvez-vous faire cinq ans après ?

Notre bilan est satisfaisant et s’étale plutôt sur trois ans, car nos activités ont pris du retard du fait de l’arrivée tardive des financements. Mais tant que les PME/PMI locales ne seront pas entièrement prises en compte dans la chaîne de valeur des grandes entreprises, nous ne serons jamais totalement satisfaits. Nous avons en fin novembre 2016, profiler 635 PME/PMI inscrites dans notre base de données contre 151 benchmarkées. 247 PME/PMI accompagnées contre 234 mises en relation. Nous avons pu contractualiser 69 entreprises pour une centaine de contrats. Les différents contrats ont permis aux PME/PMI d’engranger plus de 35 milliards de Fcfa et de créer environ 3000 emplois.
La BSTP a plusieurs fois mobilisé les PME et PMI pour assister à des salons internationaux à l’instar du salon Midest. Quels sont les retours après la participation à ces différents salons ?
Nous prenons part depuis quatre ans au Salon Midest en France, qui est le 1er salon mondial de la sous-traitance industrielle. Nous en faisons de même avec le Salon d’Hannovre en Allemagne et y amenons chaque fois de nombreuses entreprises locales. Les retours sont satisfaisants dans la mesure où certaines PME locales ont pu obtenir des contrats de partenariat avec leurs homologues étrangers. Mais nous pensons que des efforts restent à faire pour qu’à l’avenir nous ayons plus de résultats. Je crois qu’il faudra qu’on essaie de former nos PMEs à la négociation. Beaucoup ne savent pas toujours comment procéder lorsqu’elles ont en face de potentiels investisseurs avec qui elles peuvent travailler au Cameroun et vis-versa. Le plus souvent les parties conviennent d’un accord, mais la PME camerounaise éprouve des difficultés à les concrétiser.
Les PME camerounaises ont un réel problème de financement. Que fait la BSTP pour venir en aide à ces PME ?

Les différents outils que déploie la BSTP au profit des PME ont effectivement permis de constater que les PME/PMI ont de réels soucis de financement. Cette situation nous a poussés à inscrire dans nos activités un volet « assistance des PME/PMI à la recherche des financements ». La recherche de financements consiste à explorer toutes les formes de financement possible et aider les PME/PMI à y accéder et à élaborer leurs Etudes de faisabilités et Business plan de projets. La BSTP dispose à cet effet de l’outil COMFAR « Computer model for analysis and reporting » mis à sa disposition par l’ONUDI. Nous organisons ainsi des journées de financement pendant lesquelles des établissements de crédit viennent présenter leurs produits dédiés aux PME et les facilités qu’ils leurs sont accordées.

La Banque des PME a ouvert ses portes il y a plus d’un an déjà. Est-ce que le seul fait d’être profilé à la BSTP garantit un financement des PME de la part de la Banque des PME ?

Etre un membre de la BSTP est un atout pour bénéficier d’un financement de la banque des PME, mais comme toute banque, il y’a d’autres considérations qui sont pris en compte. La BSTP a signé une convention avec la banque camerounaise des PME pour faciliter évidemment l’accès de ses membres au crédit dans cette institution. Certains réglages sont en train d’être faits et nous avons la conviction que les chemins seront moins escarpés pour nos membres en quête de crédit dans cette banque d’un moment à l’autre. Il demeure pour l’instant difficile pour nous de vous donner le nombre de PME profilées à la BSTP ayant déjà obtenu un crédit à la BC-PME.

Quels sont les actions entreprises par la BSTP pour aider le maximum de PME et quels sont vos projets futurs ?
Nous avons déjà engagé pour cette année l’organisation des entreprises par corps de métier (grappes industrielles ou Cluster) en vue de promouvoir la cotraitance, de mutualiser les forces des entreprises membres de la grappe et de multiplier les facilités de financement conséquentes pour l’exécution des marchés. Nous publierons des baromètres de compétitivité des PME, des cartographies et allons nous investir davantage dans le développement des fournisseurs. En bref, nous mettrons tout en œuvre pour permettre aux PME/PMI d’être plus compétitives, de gagner encore plus de marchés. Il existe une circulaire du mois de février de 2012 signé par le Premier ministre qui prescrivait l’octroi de 30% des marchés aux PME locales. Mais à son niveau, la BSTP est en train de mettre sur pied un Observatoire du contenu local qui va jouer le rôle d’évaluateur au niveau de la sous-traitance industrielle. Le rôle de l’observatoire consistera à s’assurer que les différents textes sur la question sont appliqués par ces grandes entreprises. Voyez-vous, il y a de nombreux textes qui existent (Code gazier, Code minier, la circulaire du PM…) ; mais qui ne sont pas forcément appliqués. D’où la nécessité de mettre sur pied cet Observatoire qui aura une mission d’apprécier le niveau de respect des textes publiés par le gouvernement en matière de sous-traitance. Tout comme, il va rendre compte à qui de droit, notamment le gouvernement auprès de qui il fera le plaidoyer afin que les choses s’améliorent. Un projet de loi sur la sous-traitance est aussi en cours de maturation au sein de la BSTP. La publication d’une loi relative à la sous-traitance pourrait résoudre l’épineux problème de délais de paiement et de la part locale. Pour parachever cette œuvre,

Quelles sont les difficultés auxquelles fait face la BSTP au quotidien ?
Nous faisons effectivement face à de multiples difficultés liés au manque de ressources pour déployer les activités et atteindre tous les objectifs fixés en début de chaque année. Les ressources du BIP mises à disposition par le MINPMEESA sont toujours de loin inférieures au budget validé par le Comité d’Orientation de la BSTP. Il faut aussi évoquer le retard dans la mise à disposition des fonds alloués, la morosité des cotisations des membres susceptibles d’adhérer à la BSTP CMR et la synergie des actions encore insuffisantes entre les différentes structures d’accompagnement des PME/PMI. Nos PME/PMI éprouvent encore des difficultés à accéder aux grands projets structurants et aux marchés publics sur la base d’une concurrence saine et cela nous préoccupe. La BSTP peine aussi à accéder aux informations relatives aux opportunités à venir avec les grands projets, les marchés publics et les investisseurs. C’est l’occasion ici d’inviter les différentes structures gouvernementales d’utiliser à bon escient cette plateforme qu’est la BSTP-CMR pour faire valoir les compétences de nos PME et développer le tissu industriel camerounais.

Un conseil à ces PME qui trainent encore les pas pour venir à la BSTP ?
Il n’ya que des avantages à être membre de la BSTP et nous invitons les PME/PMI qui hésitent encore à rejoindre et à s’approprier cette structure qui a été sagement mise sur pied par le gouvernement pour les accompagner.

Entretien réalisé par Pascale Tchakounte }

 
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